Si 2007 est l’année de la prise de conscience écologique avec le « Grenelle de l’environnement » en France, l’attribution du prix Nobel de la paix à Al Gore et au Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) et avec la conférence de Bali, l’année 2008 sera-t-elle celle des prises de décision et de l’action ? Alors que les gouvernements et les institutions dans leur ensemble plaident, sur la scène internationale, pour une prise en compte de l’environnement et des conséquences du changement climatique dans les politiques publiques, aucun changement de mode de vie, nécessaire à la diminution des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre (GES), n’a été engagé.

La France en attente des lois d’orientation issues du Grenelle En France, hormis une prise de conscience, le Grenelle de l’environnement n’a pour l’instant abouti qu’à quelques mesures comme l’éco-pastille ou le gel sur le maïs GM. Les participants aux groupes de travail, et notamment les ONG, déplorent le manque d’information et de transparence.

Depuis décembre, les 33 Comités opérationnels sont chargés de définir les modalités d’application et de mise en œuvre des décisions du Grenelle et un Comité de suivi du Grenelle devrait se réunir toutes les 6 semaines pour évaluer la mise en application des décisions (la première réunion est prévue le 31 janvier). Les premiers travaux remis devraient être intégrés à la loi d’orientation « Grenelle 1 », qui sera déposé au Parlement avant le 9 février et devrait être suivi d’une loi « Grenelle 2 » au printemps 2008. Dès le 11 janvier, la Haute autorité sur les biotechnologies devrait rendre son rapport sur le maïs MON810 et un projet de loi sur les OGM, s’appuyant sur ce rapport, devrait être examiné au Sénat mi janvier. Pour Daniel Richard, porte parole de l’Alliance et président du WWF, « les prochaines étapes vont être cruciales : rapport de la Haute autorité sur le maïs MON810 le 11 janvier ; examen du projet de loi sur les OGM au Sénat mi janvier ; première réunion du comité « Grenelle » le 31 janvier… La rentrée 2008 nous dira si le Grenelle 2007 porte enfin ses fruits ». Pour autant, la France affiche de grandes ambitions au niveau international. Au cours de sa Présidence de l’Union européenne, qui débutera en juillet 2008, elle souhaite notamment créer un GIEC de la biodiversité, lutter contre le commerce illégal du bois, œuvrer en faveur d’une Organisation des Nations-Unis pour l’environnement (ONUE), faire la promotion des critères environnementaux auprès des institutions internationales (OMC, Banque mondiale), inscrire la trame verte dans le réseau paneuropéen, introduire REACH dans une convention internationale,…

Au niveau international, des décisions en deçà des enjeux Si la conférence de Bali a permis d’établir une « feuille de route » pour la négociation d’un accord de lutte contre le changement climatique pour l’après Kyoto d’ici la conférence de Copenhague en décembre 2009, aucun objectif chiffré n’a été clairement défini. Alors que le GIEC préconise une division par deux d’ici 2050 des émissions de GES au niveau planétaire pour limiter le réchauffement climatique au 2°C supportable, Bali amorce seulement une possible décision, à Copenhague, de réduire de 20% en 2020 les émissions de GES dans les pays développés.

En attendant Copenhague, la conférence de Poznan, fin 2008, devrait cristalliser les grandes orientations de l’accord post 2012 et le prochain G8 (du 7 au 9 juillet), sous la présidence du Japon, devrait comprendre un volet « changement climatique ». C’est en tout cas ce qu’a annoncé Yasuo Fukuda, premier ministre japonais. « Les questions concernant l’environnement figureront en tête des sujets discutés » a-t-il déclaré. Les dirigeants chinois, indien, sud-coréen et indonésien auraient d’ores et déjà été convié aux discussions du sommet.

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