La Caravane "Du Commerce au Climat" liera les deux mobilisations à la fois matériellement et politiquement, en organisant un déplacement collectif de l’une à l’autre.

La caravane, deux bus avec environ 20 représentants du Sud dans chacun, quitteront Genève le 3 déc. et atteindront Copenhague le 9, en empruntant deux routes différentes (l’une par la France et la Belgique, l’autre par l’Allemagne) et avec des étapes dans les villes intermédiaires pour des évènements variés: meetings, manifestations, actions symboliques, ateliers de travail, conférences de presse, rencontres avec organisations, responsables politiques, etc.

Pourquoi une caravane pour relier ces deux sommets?

Une analyse critique des négociations COP révèle que ces négociations se préoccupent en réalité surtout de nouvelles opportunités pour le commerce international: le nouveau marché du carbone, des appropriations de terre par millions d’hectares pour la cultivation des agrocarburants, le retour des mega-barrages, du nucléaire et autres “clean technology” (avec certificats CDM en prime) etc. Bref, d’une vague néocoloniale sans précédent qui provoque déjà expulsions, violences et souffrances massives. Ce n’est sans doute pas par hasard que l’OMC a décidé de placer son 7e sommet une semaine avant le COP15.

Le lien entre l’OMC et le COP15 met en évidence deux choses:

1) Au nom du climat, l’élite mondial compte relancer la mondialisation (cad la monopolisation) de l’énergie et des services (Pascal Lamy l’annonce déjà comme une solution pour le climat!). Le nouveau cycle de croissance serait d’un capitalisme “vert”: marché du carbone, projets énergétiques pharaoniques, investissements en forêts, etc.

2) Tout en invoquant le climat, on veut continuer “Business as usual”: étendre encore le contrôle des géants transnationaux sur les ressources vitales de l’agriculture, de la forêt et de l’énergie (avec les bénéfices garanties par les subventions étatiques “vertes” aux agrocarburants, etc.); continuer de piller à bon compte les ressources du Sud (y compris leur part de CO2) et surtout, ne pas réduire radicalement les émissions au Nord, ce qui obligerait à remettre en question le modèle économique actuel, basé sur la surconsommation et la croissance sans fin.

Après avoir fortement stimulé les développement de phénomènes des plus néfastes au climat, tels que la déforestation et des délocalisations impliquant des transports à longue distance absurdes, les politiques libre échangistes de l’OMC encouragent des “solutions” désastreuses telles que l’importation d’agrocarburant.

Pire, elles bloquent aussi quatre des solutions réelles: - le retour de la petite paysannerie (qui émet beaucoup moins de gaz à effet de serre que l’agribusiness); - la relocalisation de la production plus généralement; - la protection des droits des peuples de la forêt, meilleurs garants contre la déforestation; - la suspension des droits de propriété intellectuels pour les techniques renouvelables et de mitigation du changement climatique pour les pays en développement.

Pour une analyse plus détaillée, voir le rapport “Change Trade not our Climate!" de OWINFS :

http://www.ourworldisnotforsale.org/en/signon/climate-statement.

[Disponible en français sur le site de la Coordination Climat et Justice Sociale :|http://climatetjusticesociale.wordpress.com/]

Autres organisations et réseaux impliqués : Climate Justice Now! (CJN) Our World is Nor For Sale (OWINFS) Jubilee South Via Campesina Climate Justice Action (CJA) ClimateMovementGermany

Buts et objectifs

-But à long terme:

  • Soutenir les mouvements du Sud affectés par le changement climatique, ou

par les fausses solutions avancées pour celui-ci. Renforcer les mouvements de base en construisant un réseau international solide pour la justice climatique et pour des solutions véritables au problème. Construire les liens entre ce mouvement et ceux qui résistent au "libre" échange et aux programmes d’ajustement structurels.

-Objectifs à court terme:

  • Faire connaître les effets pervers, voire dévastateurs, des projets CDM

("Clean Development Mecanisms"), des monocultures d’agrocarburants, des compensations carbone et du REDD à un public plus large.

  • Souligner le lien entre le régime commercial, ces projets et le problème

du climat en général.

  • Mettre en avant des solutions réelles et équitables telles que le retour

à la petite production paysanne diversifiée et biologique, la défense des droits des peuples de la forêt et des petits pêcheurs, la relocalisation de la production, les énergies renouvelables décentralisées, un paiement de la dette écologique qui permettrait au Sud de prendre un autre voie de développement, une mise en cause de la sur-consommation énergétique et une réduction drastique des émissions au Nord, etc...

  • Influencer autant les négociations à l’OMC qu’au COP15 dans la direction

d’un agenda alternative

  • Favoriser les échanges entre les mouvemens actifs sur ces problématiques

autant au Sud qu’au Nord.

Principales activités :

- 23-25 nov: Les participants seront conférenciers à des meetings de mobilisation dans diverses villes de Suisse et France avant le sommet.

- 28 Nov. – 2 Dec. Genève Samedi 28 nov : Manifestation contre le sommet de l’OMC Dimanche 29 nov : Journée d’échanges en atelier et meeting le soir. Du lundi 30 nov au mercredi 2 déc.: Présence et actions démonstratives devant le lieu des négociations et en ville. Mardi 1 déc : Meeting public avec orateurs de la Caravane

- 3 Dec – 9 Dec : deux routes Genève à Copenhague

Par la France et la Belgique
 3 Dec : Genève – Paris (hôtes d’ATTAC France, reçus par les Verts au Parlement) 4 – 6 Dec : Rencontres en province avec la Confederation Paysanne 7 Dec : Bruxelles: meeting public et tour des institutions et lobbies de l’UE avec Corporate Europe Observatory 
 8 Dec : Hamburg

Par l’Allemagne 
3 Dec : Genève - Freiburg 4 Dec : Freiburg - Frankfurt 6 Dec : Frankfurt - Cologne (en parallèle un petit groupe à Berlin en train) 7 Dec : Cologne - Hamburg (manif devant la plus grande usine d’agrocarburants d’Europe)

Les deux bus se rejoigneront à Hambourg le 8 déc. et procèderont ensemble à Copenhague le 9 déc.

A Copenhague:

- Participation aux activités de "Klimaforum". 10-11 déc. : Conférence sur la dette écologique, organisée par Jubilee South 12 déc. : Manifestation unitaire Dés le 13 déc. : Journées thématiques sur l’agriculture, les forêts, les peuples indigènes et les migrations 16 déc. : Manifestation de masse “Push for Climate Justice”, organisée par la CJA et CJN

Liste partielle de participant(e)s du Sud:

- Badrum Alam, Bangladesh Krishok Federation (Via Campesina) mouvement paysan et de sans-terre, notamment dans les terres basses les plus exposées au changement climatique (montée du niveau de la mer, typhons, manque d’eau douce). - Yudhvir Singh, BKU India (Via Campesina), Coordinateur des mouvements paysans indiens, très engagé dans la lutte contre la sécheresse. - Yoon Geum Soon, KWPL Korea (Via Campesina) - Alphonsine Nguba, Confederation Paysanne de la RD du Congo (Via Campesina) Via Campesina organise la resistance mondiale contre les accords de libre échange qui menacent la paysannerie au niveau mondial. Elle met en avant l’alternative paysanne comme une des réponses au changement climatique, puisque les monocultures industrielles sont une des grandes sources de gaz à effet de serre.

Plus d'informations :

- José Rengifo et Julio Ararat Fugueroa, Proceso de Comunidades Negras, Colombia, un réseau de communautés d’afro-descendants habitant la forêt tropicale particulièrement menacées d’expulsion par des mega-projets CDM et d’agrocarburants (palme africaine, plantations d’eucalyptus), imposés par des massacres paramilitaires.

Plus d'informations :

- Bettina Cruz Velazquez, resistance à l’imposition par des multinationales de parcs éoliens dans l’Etat de Ouahaca, Mexique et pour des énergies alternatives sous contrôle et au bénéfice des communautés locales. - Un(e) représentant(e) de la Coordinacion Andina de las Organizaciones Indigenas (CAOI) Peru, coordination des organisations des peuples indigènes des pays andins Plus d'informations :

http://www3.minkandina.org/

- P. Chennaiah, APVVU India, Fédération de travailleurs agricoles, sans-terre, peuples indigènes et de pècheurs d’Inde, notamment engagée par rapport contre l’OMC, sur la sécheresse croissante, la biodiversité, la souverainté alimentaire, le droit à la terre et les biens communs. - Nnimmo Bassey, Oilwatch Nigeria

- Alexandra Almeida, Accion Ecologica Ecuador et Oilwatch Oilwatch a demandé que participe des representants de plusieurs pays de leur campagne “laisser le pétrole sous la terre!”. Les mouvements dans ces deux pays sont engagés dans des luttes massives dans ce sens. - Javiera Rulli, Grupo de Réflexion Rural (résistance aux agrocarburants de soja OGM dans le Cône Sud)

- Karmen Wayunkerra, Fuerza de la Mujer Wayuu, représentante du peuple Wayuu de Colombie affecté par la plus grande mine de charbon à ciel ouvert du monde ainsi que par des mégaprojets “CDM”. - Guiseppe Villalaz, Alianza Mundial de los Pueblos Indigenas y Tribales de los Bosques Tropicales more information:

http://www.international-alliance.org

- Sina Davis-Brown, Indigenous Climate Connection of the Pacific, représentante du peuple Maori et de Samoa. - Michelle Pressend, Trade Strategy Group South Africa - Marko Lamson, activist in communal power, Portland US - Josh Pritchard, Cascadia Rising Tide, Oregon US - Beatrice Morice, Coalicion Cuidadana por Aisén Reserva de Vida, (resistance à des megaprojects en Patagonie) - Dharmendra Kumar, FDI Watch, India Plusieurs représentants de chacune des organisations suivantes: - Global Forest Coalition, - Focus on the Global South, - OWINFS-network, - Amis de la Terre (Intl.), - Philippines Fisherfolk, - Indigenous Environmental Network