Le XXIème siècle s'est ouvert comme le siècle des catastrophes, et, symétriquement, celui des états d'exception permanents. Grippe A, grippe aviaire, grippe à venir. "La" crise, le terrorisme, les catastrophes. Les vieux capitaines pétroliers assistent paniqués à la désertion de pans entiers de l'équipage, se taillant leurs propres canots dans l'épave.
Dans la lignée du sommet de Kyoto, le rassemblement écologique mondial du COP15 se veut un changement de cap, une nouvelle voie diffusée par toutes les sirènes : « Tous sur le pont pour le capitalisme vert ! ». Après nous avoir mobilisés pour protéger la démocratie de la barbarie terroriste, la culture occidentale de l'immigration, et récemment, l'économie de la crise, on nous sert cette fois-ci un argument plus émouvant : il faut réagir pour nous sauver tous du réchauffement climatique et de l'apocalypse. Ce sera surtout, pour le capitalisme, l'occasion de poser les bases de sa nouvelle légitimité, le lancement d'un nouveau cycle vert, bio, et durable : le moment pour nos sociétés de se poser comme seules à même de relever ce défi.
